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Un chef de la rébellion ougandaise LRA, Dominic Ongwen, est arrivé à la CPI à La Haye

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Dominic Ongwen, l’un des principaux chefs de la sanguinaire rébellion ougandaise de la LRA qui s’est rendu début janvier, est arrivé pendant la nuit au centre de détention de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, a-t-on appris mercredi auprès de la Cour.

Dominic Ongwen est arrivé au quartier pénitentiaire de la CPI à 01H55 (00H55 GMT), a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Cour, Fadi El Abdallah.

L’avion le transportant avait décollé mardi de Centrafrique. Dominic Ongwen, qui avait été remis samedi aux mains de la CPI, était accompagné par une délégation de la Cour, basée à La Haye.

Dominic Ongwen s’était rendu début janvier en Centrafrique, portant un coup sévère à l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) commandée par Joseph Kony qui a semé la terreur pendant une trentaine d’années dans plusieurs pays d’Afrique centrale.

Il était recherché depuis près de dix ans par la CPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Les Etats-Unis offraient cinq millions de dollars pour sa capture.

Après son arrivée, M. Ongwen doit effectuer une visite médicale. Il devra ensuite comparaître, le plus tôt possible, devant les juges en la présence d’un avocat de la défense.

La date de cette audience doit encore être fixée, a précisé M. El Abdallah mercredi. Elle est destinée à confirmer l’identité du suspect, vérifier la langue utilisée pour les procédures et à l’informer des charges retenues à son encontre.

Créée aux alentours de 1987, la LRA opérait alors dans le nord de l’Ouganda, où elle a multiplié les exactions –enlèvements d’enfants transformés en soldats et en esclaves, mutilations et massacres de civils. Elle en a été chassée au milieu des années 2000 par l’armée ougandaise, avant de s’éparpiller dans les forêts équatoriales des pays alentour, dont la Centrafrique.

Dominic Ongwen est lui-même un ancien enfant soldat, ce qui, selon l’ONG Human Rights Watch (HRW), doit constituer des circonstances atténuantes dans l’éventualité d’un procès, bien que les crimes dont il est accusé ont été commis à l’âge adulte.

Il a été privé de soins parentaux et a passé des années pendant lesquelles se développe la personnalité sous le contrôle d’adultes qui ont utilisé la violence et une brutalité extrême comme forme de discipline et de sanction, a affirmé l’ONG.

HRW a par ailleurs salué le transfert, le qualifiant d’avancée majeure pour les personnes touchées par le long passé criminel de la LRA.

Pour la procureure, le transfert de Dominic Ongwen rapproche l’accusation un peu plus de son objectif, à savoir faire cesser le règne de la terreur imposé par la LRA dans la région des Grands Lacs.

Les membres de la LRA auraient commis des crimes qui défient l’imagination : ils auraient tué des dizaines de milliers de personnes et seraient à l’origine du déplacement de millions d’autres, ils ont terrorisé des civils, enlevé des enfants et les ont contraints à tuer, a-t-elle affirmé.

Selon l’ONU, la rébellion a, depuis sa création, tué plus de 100.000 personnes en Afrique centrale et enlevé plus de 60.000 enfants.

Joseph Kony reste le dernier dirigeant de la milice toujours en liberté, selon l’armée ougandaise. La LRA ne compterait plus que 150 hommes environ.

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