Home Société Tanzanie : Quand fête de l’indépendance rime avec grâce présidentielle

Tanzanie : Quand fête de l’indépendance rime avec grâce présidentielle

Pour marquer le 51ème anniversaire de l'indépendance de la Tanzanie, 3.814 détenus devraient être libérés à partir de ce lundi.

321
0
SHARE
Jakawa Kikwete, président de la Tanzanie. (@Wikimedia Commons)

C’est devenu une habitude en Tanzanie. Chacune des célébrations marquant l’histoire de l’indépendance du pays est l’occasion d’annoncer un allègement du nombre de détenus en prison. Le 9 décembre 1961, le Tanganyika, jusqu’alors sous mandat britannique, accédait à l’indépendance, sous la conduite de son Premier ministre Julius Nyerere. En 1964, le Tanganyika, est devenu la Tanzanie après l’union réalisée avec Zanzibar et Pemba. Les îles de Zanzibar et Pemba situées au large de la Tanzanie ont justement commémoré dimanche le 50ème anniversaire de la sanglante révolution de 1964 qui a conduit à leur indépendance.

A l’occasion des célébrations de l’indépendance de la Tanzanie, le président Jakaya Kikwete a accordé une grâce présidentielle à 3814 détenus. Ces prisonniers ont purgé au moins un quart de leurs peines n’excédant pas cinq ans. Selon les autorités du pays, sont principalement concernés les détenus dont la santé est préoccupante. Sont exclus d’office les personnes condamnées pour corruption, trafic de drogue, vol à main armée ou avec violences, les délits avec armes à feu, les infractions sexuelles. Lors du 50ème anniversaire de l’indépendance, le président Kikwete avait gracié 3.803 prisonniers. De même, pour le 48ème anniversaire de l’Union du Tanganyika (la Tanzanie et Zanzibar) le 26 avril 2012, il avait fait libérer 2.973 prisonniers.

Une façade pour les associations des droits de l’homme

Selon les militants des droits de l’homme, ce nouveau geste présidentiel n’aura que peu de répercussions. En effet, ils soulignent que les prisons sont déjà surpeuplées et dénoncent les responsabilités des autorités. Ils affirment que plusieurs personnes sont maintenues en prison du fait de l’inefficacité des enquêtes policières et de la lenteur des poursuites mais aussi en raison de la corruption. Au 1er avril 2012, les prisons tanzaniennes contenaient 37 676 détenus dont 19 608 attendaient encore d’être jugés pour des délits divers selon des statistiques officielles.

strong>Les autorités dépassées par le trafic de drogue

La plupart des prévenus sont détenus derrière les barreaux pour des délits liés au trafic de drogue. 
Entre juillet 2011 et avril 2012, la police tanzanienne a arrêté plus de 10 000 suspects en possession de 397 984 kg de drogue dont 140 547 kilos de cocaïne et 257 437 kg d’héroïne. Pour faire face à l’afflux des détenus, outre le recours à la grâce présidentielle loin de constituer une solution, le gouvernement tanzanien promet de désengorger les prisons par un certain nombre de mesures fondées sur le respect des droits de chacun des détenus. Il prévoit également un agrandissement des pénitenciers.

Sylvain Griout

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here