Home International Proche-Orient : Israël suspend les négociations avec l’OLP

Proche-Orient : Israël suspend les négociations avec l’OLP

C'est une décision qui fait grincer des dents et qui pourrait remettre en cause tout le processus de paix. Israël a décidé de suspendre les négociations avec l'Autorité palestinienne et de la sanctionner suite à sa réconciliation avec le Hamas.

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Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël (Crédits: Wikimedia Commons)

Voilà qui ne ravira pas les partisans d’une solution pacifique et qui mettra Israël un peu plus en position de responsable de l’échec des négociations aux yeux de l’opinion internationale. Déjà très difficiles, les pourparlers entres les palestiniens et les israéliens ont tourné court suite à la réconciliation de l’autorité palestinienne avec le Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza. Alors que la situation paraît désormais bloquée, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui se bat depuis plus d’un an sur ce dossier, a appelé les deux parties à faire des compromis. L’OLP, organisation de libération de la Palestine, dont le président Mahmoud Abbas est issu, ainsi que le Hamas, considéré par l’Etat hébreu comme étant un groupe terroriste, ont signé un accord de réconciliation et ont décidé par la même occasion de former un gouvernement d’union nationale. Dans le même temps il a été décidé d’organiser des élections à la fin de l’année. Pour Israël et en particulier pour son Premier ministre, Benjamin Netanyahu, cette accord « tue la paix », mais pour les palestiniens c’est l’intransigeance de Tel-Aviv et la poursuite de la colonisation qui mettent le processus à terre. Suite à la décision prise par l’autorité palestinienne, le chef du gouvernement israélien a réuni son cabinet de sécurité et il a été décidé qu’aucune négociation ne sera possible avec un gouvernement d’union, rappelant que le Hamas avait appelé il y a quelques temps à la destruction d’Israël.

Une paix impossible ?

Mais l’annonce de cesser les pourparlers n’est pas la seule conséquence, puisque Netanyahu devrait de toute évidence prendre une série de mesures pour sanctionner les palestiniens. Néanmoins selon Tzipi Livni, ministre de la Justice mais également en charge des négociations du côté d’Israël, « la porte n’est pas fermée » et il s’agit uniquement d’une suspension pas d’un arrêt. La direction de l’OLP doit se réunir ce weekend pour envisager une contre attaque suite aux décisions israéliennes. Il n’est plus exclu que le choix d’une demande d’adhésion aux organisations internationales et autres traités soit mis en avant. Dans les faits, néanmoins, même si l’annonce de la réconciliation Hamas et Fatah a été entérinée, des annonces similaires avaient déjà été faites en 2011 et 2012 sans pour autant que les faits suivent les mots. Si les Etats-Unis ont fait part de leur déception suite à l’accord entre palestiniens, la plupart des pays du monde ont tenu à signaler une avancée majeure. C’est notamment le cas de la Tunisie, de la Turquie ou encore de la Ligue arabe dans sa globalité qui s’est toujours opposé à Israël. L’Union européenne a également salué cet accord mais a tenu a préciser que la priorité restait le processus de paix. Même l’ONU a fait savoir qu’elle apportait son soutien à l’unité de la Palestine à partir du moment ou celle ci se faisait sur la reconnaissance de l’Etat d’Israël et sur la non violence.

Face à l’intransigeance israélienne, aux sanctions, à la colonisation et au gel de certains avoirs, les palestiniens peuvent se prévaloir d’un soutien presque unanime de la communauté internationale sur ce dossier. Reste à savoir dans quelle mesure ce soutien oral se traduira dans les faits.

Louise Diallo

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