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Nigeria : 60 otages échappent à Boko Haram

Au moins 63 des 68 femmes enlevées il y a un mois dans le Nord-Est du Nigeria auraient réussi selon des sources sécuritaires à échapper à leurs ravisseurs. Elles étaient détenues par des hommes de Boko Haram.

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(Crédits: Wikimedia Commons)

C’est une nouvelle qui va réjouir tout un pays en proie à la violence et qui est le plus souvent habitué aux informations tragiques. D’après des sources sécuritaires citées par l’AFP, au moins 63 des 68 femmes et jeunes filles enlevées par Boko Haram il y a près d’un mois sont parvenues à échapper à leurs ravisseurs. Si cette information n’a été délivrée que dimanche très tard en soirée, il semble pourtant que cette fuite ce soit déroulée vendredi. Selon les mêmes sources, les otages auraient profité de l’absence provisoire des hommes de Boko Haram pour prendre la fuite et rentrer chez elles.

C’est en raison d’affrontements qui ont eu lieu dans la zone où elles étaient détenues que les ravisseurs avaient du partir quelques heures, notamment pour aller combattre les forces de sécurité. Pour le moment néanmoins, les réactions suite à cette annonce restent mesurées puisque certains doutent de la véracité des propos dans leur globalité. Il faut dire que les sources sécuritaires sont relativement coutumières des annonces erronées. Aussi bien lors d’attentats que d’enlèvement, les bilans sont souvent sous estimés et les informations données sont très loin d’être en phase avec la réalité.

Les lycéennes enlevées en avril toujours introuvables

Du côté des lycéennes enlevées le 14 avril dernier, les recherches se poursuivent et la coopération internationale qui a été mise en place il y a un mois et demi continue à opérer afin de repérer le lieu exact de détention. Il semble par ailleurs que contrairement aux affirmations de chef d’Etat major de l’armée nigériane, la localisation n’a pu être effectuée à ce jour.
«La bonne nouvelle pour les filles, c’est que nous savons où elles se trouvent, mais nous ne pouvons pas vous le dire » avait déclaré le maréchal Alex Badeh, devant les journalistes. Il avait néanmoins refusé de donner plus d’informations pour ne pas mettre en péril la vie des lycéennes ou pour ne pas provoquer un départ massif des geôliers terroristes de Boko Haram avec leurs victimes. Washington a de son côté toujours démenti cette information et affirmant avoir de très sérieux doutes. Pour le moment, l’armée nigériane a affirmé avoir hésité à intervenir mais la peur de faire des morts a finalement freiné l’empressement visible des militaires. Il est également très probable que les alliés des autorités nigérianes que sont la France, les Etats-Unis, la Chine, la Grande-Bretagne et Israël, aient prévenu qu’il fallait d’abord mettre en place une véritable opération commando organisée par des unités spécialisées.

La pression s’accentue sur Goodluck Jonathan, Boko Haram poursuit ses attaques

Pendant que les différents alliés du Nigeria poursuivent la mise en place de leur stratégie pour libérer les jeunes filles, Boko Haram, poursuit ses attentats et ses provocations. Alors que le président Goodluck Jonathan est accusé par la population mais également par des personnalités influentes, comme Hillary Clinton, d’avoir abandonné le nord de son pays durant des années, le groupe terroriste cherche à déstabiliser un peu plus le pouvoir actuel. Néanmoins face à cette évidente volonté de mettre à mal le mandat de Goodluck Jonathan, les partenaires du Nigeria cherchent désormais à resserrer les rangs autour du chef de l’Etat et surtout à réaffirmer sa légitimité. Pas question pour la communauté internationale d’ajouter à la crise sécuritaire, une crise politique, dans ce pays, le plus peuplé d’Afrique, dont la déstabilisation des institutions mènerait inévitablement à une crise régionale de grande ampleur. Des experts américains sont toujours sur place et des pilotes survolent la zone où les lycéennes sont supposées se trouver.
Il n’en reste pas moins que pour l’heure le sort des lycéennes reste toujours très incertain et que personne ne sait si elles se trouvent encore sur le territoire nigérian.

Lotfi Lounes

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