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Guinée Equatoriale: T. Obiang Nguema ne contrôle plus le pays selon l’opposition

Lors d'une conférence de presse organisée dans les locaux de la Chambre de commerce de Paris mardi, une coalition d'opposants équato-guinéens en exil a appelé à la démission du président Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979, et à la mise en place d'un processus de transition conduisant à des élections libres.

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Le président équato -guinéen à gauche Teodoro Obiang Nguema. (@Wikimedia Commons)

Une nouvelle coalition d’opposants vient de constituer une fronde contre le pouvoir équato-guinéen. Il s’agit de la Coalition d’opposition pour la restauration d’un Etat démocratique (CORED) crée en septembre 2013. La CORED rassemble 13 partis et associations d’opposants équato-guinéens en exil. Elle dénonce l’immobilisme politique en Guinée Equatoriale dirigée depuis 1979 par le président Teodoro Obiang Nguema, arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat. L’actuel président a été élu pour la quatrième fois en 2009 avec plus de 95,37% des suffrages. L’opposition appelle au départ du chef de l’état équato-guinéen et à un processus de transition à l’issue duquel seront organisées des élections démocratiques, libres et transparentes. Pour y parvenir, elle appelle l’actuel président à ouvrir le dialogue avec l’opposition. « Nous ne demandons pas un départ brutal mais un départ ordonné. Nous souhaitons une rencontre entre le pouvoir et l’opposition pour fixer les délais de mise en place d’un gouvernement de transition et les contours d’un départ négocié dans le respect du président Téodoro Obiang Nguema et de sa famille. Nous connaissons l’état réel de la Guinée Equatoriale. Le président ne contrôle plus le pays. Il y a un vide politique. L’armée est en train de s’entretuer et il a dit lui-même dans un discours que le pays devenait incontrôlable donc il doit discuter avec l’opposition pour parvenir à un changement sans troubles », nous affirme Raimundo ELA NSANG , Secrétaire exécutif de la CORED joint par téléphone. Ce dernier ajoute que le but de la CORED n’est pas d’appeler au désordre mais de parvenir à un dialogue politique et à un départ négocié du chef de l’état équato-guinéen.

Des réformes insuffisantes

Le pouvoir en place a initié des réformes politiques en novembre 2011 interprétées par de nombreux observateurs comme le signe d’une ouverture démocratique avec notamment la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux. Mais l’absence d’une vraie opposition dans le pays ne plaide guère en faveur du président Teodoro Obiang Nguema. En mai dernier, le Parti démocratique de Guinée-Equatoriale (PDGE) au pouvoir  depuis 33 ans, a remporté à la majorité absolue les élections parlementaires et locales. A la veille du scrutin, plusieurs opposants auraient été arrêtés puis relâchés après le vote. Depuis 20 ans, l’exploitation des hydrocarbures dans le pays que l’on surnomme le Koweït de l’Afrique a eu pour principales conséquences des changements structurels profonds surtout dans le domaine du développement des infrastructures de base. En revanche note la banque africaine de développement, le niveau du développement humain et de l’emploi situe le pays très en dessous de ses potentialités économiques et financières. Malgré une tendance à la baisse, la Guinée Equatoriale affiche un taux de croissance de 4,9% pour 2013. Les représentants de la CORED dénoncent le détournement des revenus pétroliers de la Guinée équatoriale ,3e pays producteur d’Afrique subsaharienne disposant de 30.000 km2 de territoire pour un million d’habitants. La Cored demande à la communauté internationale qui dispose de nombreux intérêts en Guinée Equatoriale, de faire pression sur le pouvoir afin d’être entendue.

Véronique Mansour

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