Home À LA UNE Crise à Air France en perte de vitesse : une position...

Crise à Air France en perte de vitesse : une position en Afrique également menacée

31
0
SHARE

La crise ouverte chez Air France marque les enjeux et les contraintes du ciel aérien. Lundi, dans un climat de tension qui s’est finalement traduit par la violence, la direction prise à partie a annoncé lors d’un comité central d’entreprise écourté la suppression de près de 2.900 emplois et le retrait de 14 avions. Une restriction de lignes et de dessertes qui devrait épargner le continent africain.

Les images de l’un des patrons d’Air France violemment malmené ont fait le tour du monde. Des salariés ont violemment bousculé leur directeur des ressources humaines (DRH) Xavier Broseta, qui présentait le plan de mesures drastiques décidé par la filiale d’Air France-KLM à la suite de l’échec des négociations avec les syndicats. Le DRH s’est enfui de la salle de réunion au siège d’Air France, à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, torse nu après s’être fait arracher sa chemise. Dans la foulée de ces incidents, la réunion du CCE a été suspendue. Air France a annoncé son intention de déposer plainte pour « violences aggravées » dont ont été victimes des membres de sa direction ». Près de 2.900 postes et 14 avions de sa flotte long-courrier devraient être supprimés d’ici 2017, dans le cadre d’un « plan B » mis en oeuvre après l’échec de ses discussions avec les pilotes, selon les syndicats.

Conséquence de la crise: une dégradation de l’image de la compagnie dans le monde et à travers elle, la France. Face à la situation, le gouvernement français et actionnaire appelle à l’apaisement. Très présentes en Afrique, Air France couvre 39 destinations vers le continent africain, un marché important pour la compagnie française où longtemps son statut de quasi-monopole ne laissaient que très peu de chance aux compagnies africaines visant l’international. Mais le ciel africain a quelque peu changé et s’ouvre de plus en plus à la concurrence avec l’émergence des compagnies africaines telles qu’Ethiopian Airways ou Kenya Airways avec qui Air France partage ses codes. Le marché africain est devenu la cible des mastodontes tels qu’Emirates Airlines ou Turkish Airlines très efficaces via leurs hubs respectifs, Dubaï et Istanbul. Chacune de ces compagnies déploie une stratégie d’expansion basée sur la rentabilité. Pour Turkish Airlines ou Ethiopan Airlines, les vols indirects présentent l’avantage de desservir un maximum de destinations. Par ailleurs, la forte croissance africaine implique la nécessité et le désir des opérateurs économiques africains de se déplacer plus aisément en Afrique sur des vols intra-africains d’où l’émergence de compagnies africaines pour répondre à cette exigence. Certaines connaissent des difficultés financières (Air Mauritius, Camair-Co), d’autres n’ont pas tenue le choc, les nouvelles compagnies comme ECAir au Congo visent de grandes ambitions en ciblant un marché intra-africain. Dans le cas d’ECAir, l’objectif est de transformer le complexe aéroportuaire de Brazzaville en hub en Afrique centrale et au-delà. Une concurrence féroce qu’Air France a peut-être mal anticipé pour diverses raisons.

Problème de stratégie en Afrique ?

La plupart des liaisons d’Air France vers l’Afrique ont été ouvertes entre 1933, date de la création de la Compagnie, et 1940, c’est dire la présence historique de la compagnie française. Cette dernière s’est construite un pré-carré en Afrique hérité de l’époque coloniale. Exemple : la liaison Paris-Charles de Gaulle Libreville est une ligne historique qu’Air France dessert depuis plus de 65 ans, mais voilà d’autres rivaux proposent des tarifs plus attractifs sur cette ligne comme sur d’autres destinations en Afrique subsaharienne, c’est le cas de Corsair sur Dakar et Abidjan. Ces derniers mois, Air France a revu sa copie en terme d’image sur le continent, un peu tardivement… De même elle tente de réviser sa stratégie en offrant davantage de fréquences de vols entre l’Europe et l’Afrique, 16 destinations supplémentaires :

– Addis Abeba (Éthiopie)
– Blantyre (Malawi)
– Bujumbura (Burundi),
– Harare (Zimbabwe)
– Khartoum (Soudan)
– Lilongwe (Malawi),
– Livingstone (Zambie)
– Lubumbashi (République Démocratique du Congo)
– Lusaka (Zambie)
– Mayotte
– Maputo (Mozambique)
– Mombasa (Kenya),
– Moroni (Comores)
– Nampula (Mozanbique)
– Ndola (Zambie)
– Zanzibar

Le Groupe profite également d’un accord de partage de codes avec les compagnies aériennes Sud-africaine Comair et kulula.com, et propose ainsi deux autres destinations en Afrique du Sud via Johannesbourg ou Le Cap : Durban et Port Elizabeth. Une tendance qui devrait se renforcer dans un contexte de crise très grave pour la compagnie. En Afrique, Air France emploie directement plus de 4 000 collaborateurs en incluant Servair, filiale d’Air France, leader dans le domaine de la restauration aérienne et entend conserver son statut sur un marché africain aujourd’hui très convoité mais indispensable à sa survie.

La rédaction

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here