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LES CLEFS DU BUSINESS : vers un développement durable africain

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Uche Okoronkwo and Boason Omofaye

Certes le PIB africain par habitant (environ 1.630 $) est encore loin de la moyenne mondiale (environ 10.000 $) mais il est déjà supérieur à celui de l’Inde (environ 1.145 $). La population du Continent, qui a maintenant dépassé le milliard et pourrait représenter la moitié de la population mondiale selon les prévisions s’il continu à croître au rythme actuel, reste cependant un formidable atout pour son développement.

En effet, sa classe moyenne, qui avoisinait les 300 millions en 2010 a été multiplié par 3 en trente ans et devrait continuer à se multiplier à un rythme accéléré durant les prochaines années. C’est cette population que cible nombre de nos entreprises mondiales et qui constituera le réel moteur de l’Afrique.

Certes, les plus pessimistes souhaitant relativiser les performances spectaculaires du Continent insisteront sur la liste des boulets qu’il traîne encore. Ils rappelleront que pour les 20 % des terres du Globe qu’il représente, il ne traite encore qu’1% des échanges internationaux. Ils pourront également souligner la persistance de la pauvreté et ses fragilités notamment sociales, politique et institutionnelles. D’autres pointeront du doigt le manque de classe « créative ». Bref, il existe évidemment de nombreux obstacles à surmonter pour consolider et pérenniser son décollage économique. Parmi celles-ci, ses difficultés à accéder à ses sources d’énergie (pourtant nombreuses) due à son manque d’infrastructures publiques et le surcoût que cette situation génère.

Il n’en est pas moins vrai que les multinationales font aujourd’hui la queue car elles ont la conviction que ces problématiques seront surmontées. Celles-ci sont même prêtes à y participer de manière de plus en plus active lorsqu’on les interroge : Les conditions d’un développement responsables se dessinent et il semble de plus en plus révolue le temps où les Etats du Continent étaient peu regardant pourvu que les investisseurs fassent le pas et accepte de braver les défis de la phase africaine de leur développement.

Sous pression de leurs populations respectives, les gouvernants africains ont depuis œuvré pour plus de démocratie et une meilleure gouvernance. Ses fléaux endémiques telle la corruption et l’instabilité de ses régimes sont aujourd’hui en régression et les attentes de ces citoyens de plus en plus audibles.

Les entreprises sont aujourd’hui conscientes de la contribution qui devra être la leur pour accompagner ce mouvement et tenter de répondre à ces attentes en créant les conditions d’un développement durable. Elles souhaitent éviter un « printemps africain » qui serait susceptible de les fragiliser là ou elles sont présentes.

Ce « nouveau développement » devra avant tout créer des emplois localement pour faire reculer la pauvreté. Les gouvernants sont maintenant attentifs à la contribution sociale de ces acteurs clés du mouvement en avant du Continent. Elles seront jugées sur leur contribution en matière de formation et leurs effectifs expatriés sont voués à diminuer dans les prochaines années.

Le Groupe BOLLORE et ses effectifs illustrent bien cette tendance à l’africanisation du Management et des équipes opérationnelles. Il figure indéniablement parmi les bons élèves parmi les grands Groupe très actifs en Afrique.

Il convient de saluer à cette occasion le nombre croissant d’acteurs économiques majeurs en Afrique qui sont maintenant prêts à aller au delà des législations sociales nationales embryonnaires et s’engager dans leur propre charte des droits de l’homme.

On vous dira que ces règles qu’elles s’imposent à elles même ne sont pas dénuées d’arrières pensées commerciales et qu’il s’agirait la d’une offensive pour se différencier d’autres acteurs majeurs présents sur ces nouveaux marchés.

Nous nous en contenterons si cette démarche permet à ces entreprises de témoigner de valeurs susceptible de contribuer positivement au développement africain dans de meilleurs conditions que celles qui ont prévalues jusqu’à présent.

Une chose est sur, l’Afrique doit redoubler d’ambition avec sa croissance. Celle-ci est certes spectaculaire et d’après les experts de la Banque mondiale elle pourrait même augmenter de 20% l’année prochaine pour atteindre 6%. D’autres experts soulignent que ce taux pourrait et devrait être à deux chiffres pour commencer à être réellement efficace pour faire reculer la pauvreté sur le Continent.

Les acteurs économiques devront donc s’accorder sur une nouvelle charte éthique pour y contribuer et mettre toutes les chances de leur coté pour le succès de leur propre développement sur le Continent.

Par François De Senneville

François est associé et directeur du Desk Afrique au sein du cabinet Fielfdfisher de Paris. Passionné par l’Afrique, François est reconnu pour son expertise en matière de fiscalité internationale, et de droit des affaires africain (notamment OHADA). Il assiste depuis plus de vingt-cinq ans de grands groupes internationaux dans leurs projets de développement, de réorganisation de leurs activités internationales et de structuration de leurs acquisitions. Avant de rejoindre Fielfdfisher Paris, François a dirigé le Pôle Fiscal Afrique Francophone du cabinet Deloitte entre 2008 et 2012 et conseillait ses clients dans le cadre de leur implantation et de leur développement à travers 17 pays d’Afrique francophone. A partir de 2012 il crée et développe le Desk Afrique du cabinet Lazareff Le Bars, dédié au droit fiscal et au droit des affaires ainsi qu’à l’arbitrage international.

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