Home À LA UNE Burkina Faso : Bénéwendé Sankara, futur chef de la transition? (entretien)

Burkina Faso : Bénéwendé Sankara, futur chef de la transition? (entretien)

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Bénéwendé Sankara, le président du parti sankariste UNIR-PS, et du Front progressiste sankariste.
Bénéwendé Sankara, le président du parti sankariste UNIR-PS, et du Front progressiste sankariste.

Au Burkina Faso, deux chefs militaires se sont autoproclamés chef de la transition. Le Général Traoré, chef d’état-major des armées et le colonel Isaac Zida, ce dernier aurait finalement été choisi par les militaires au terme d’un consensus. Mais l’opposition et la médiation internationale refusent de le reconnaître à la tête du pays.L’ONU, l’Union africaine et la CEDEAO menacent de sanctions et demandent à l’armée de transférer le pouvoir à un civil. Bénéwendé Sankara, le président du parti sankariste UNIR-PS, et du Front progressiste sankariste affirme que des discussions avec le colonel Zida sont en cours, il espère que le pouvoir de transition changera de camp conformément aux aspirations du peuple. Entretien.

Afrique Inside : Reconnaissez-vous le colonel Isaac Zida comme chef de la transition?
Nous avons une position de principe qui dit que l’exercice du pouvoir revient au peuple donc nous pensons qu’il faut un consensus sur la transition, au moment où je vous parle, le colonel Zida a demandé à rencontrer l’opposition politique. A l’issue de ces échanges, on pourrait être plus affirmatif. L’opposition pense que l’exercice de ce pouvoir doit échoir à un homme que le peuple burkinabè doit désigner.

Afrique Inside : Donc dire que M. Zida assurera la transition est prématurée?

Tout à fait.

Afrique Inside : Combien de temps la transition doit-elle durer, on parle d’un période de 90 jours?

90 jours c’est difficile objectivement. Mais ce qui pose problème c’est la suspension de la Constitution dans notre pays le Burkina Faso. Nous sommes un état de droit, nous ne voulons pas nous mettre la communauté internationale à dos. Il faut remettre rapidement la démocratie sur les rails. Il faut aussi un consensus sur la loi fondamentale. Pouvoir échanger sur ces questions suppose un gouvernement de transition consensuel pour organiser des organisations crédibles transparentes et démocratiques. L’armée qui est une composante du pays ne doit pas confisquer le pouvoir.

 

« Si je dois assumer les responsabilités, je ne refuserai pas. »

 

Afrique Inside : Est-ce qu’un gouvernement consensuel est possible avec un militaire à la tête du Burkina Faso?

Cela dépend, est-ce que le peuple va accepter un militaire au pouvoir. Je vous ai dit que la position qui est connue, celle de tous les partis politiques de l’opposition, de la société civile est que c’est un civile qui doit diriger la transition.

Afrique Inside : Cela pourrait être vous?

Si je dois assumer les responsabilités, je ne refuserais pas. l’essentiel c’est de rester en phase avec les aspirations du peuple. Je ne me suis pas battu depuis des dzizaines d’années depuis la mort du journaliste Norbert Zongo jusqu’ à aujourdui pour rien. Mon rêve est surtout de voir les burkinabés dans leur dignité, dans leur fierté, dans l’intégrité partageant les valeurs démocratiques. Je ne souhaite pas que le choix d’un homme divise, il faut un consensus. Que ce soit un homme issu de la société civile ou de l’opposition.

Afrique Inside : Est-ce que zida a la confiance du peuple ?

Le général Traoré représente une institution qui est l’armée, M. Zida ne représente pas l’armée, il représente le Régiment de la Sécurité Présidentielle (RSE) alors il faut savoir si Blaise Compaoré a fait en sorte que le chef de la RSE contrôle aussi toute l’armée, si oui. Cela voudrait dire qu’il a les armes avec lui. Est-ce qu’il va utiliser les armes pour soumettre tout le monde ? Je ne crois pas si l’on s’en tient à ce qu’il dit; il dit vouloir rendre le pouvoir au peuple. Mais nous sommes méfiants. Depuis le président Maurice Yaméogo (premier président de la République de Haute-Volta, actuel Burkina Faso de 1959 à 1966) on n’a pas vu un autre civil à la tête du Burkina Faso. Nous ne souhaitons pas vivre un coup d’état militaire.

Afrique Inside : Est-ce que vous avez entamé des discussions avec la médiation internationale, l’Union africaine, l’ONU et la CEDEAO qui plaident pour une transition civile?

Nous avons rencontré l’Union africaine avec un représentant des Nations Unies et de la CEDEAO, notre préoccupation essentielle est de dire à l’armée du Burkina Faso, on ne peut assumer les charges de chef d’état sauf si c’est l’insurrection populaire qui l’a habilité. Il se trouve que le colonel Zida apparemment a été présenté à la foule, c’est comme cela que tout le monde l’a découvert donc il n’ a pas la caution de l’opposition politique qui est organisée et qui travaille dans le cadre institutionnel depuis des années.

Afrique Inside : Blaise Compaoré se trouve en Côte d’Ivoire, cette destination vous semble logique?
Nous étions dans la rue lorsque nous avons appris qu’il y avait une colonne de véhicules en direction de Pô dans le sud du pays. Nous savons pourquoi la Côte d’Ivoire, c’est tout à fait normale qu’il soit accueilli par Alassane Dramane Ouattara, c’est le retour de l’ascenseur.

Afrique Inside : Quel est son avenir?

M. Blaise Compaoré est un citoyen, il a des droits, des devoirs. Je suis avocat et je pense que toute personne répond à ses actes en tant que citoyen, il a posé des actes, il doit y répondre.

Afrique Inside : Et le dossier Thomas Sankara renversé par Blaise Compaoré il y a 27 ans, une affaire non-élucidé, ses proches accusent Blaise Compaoré d’être responsable de sa mort?

Il a toujours nié. S’il a fui la justcie, il doit assumer. On ne peut pas fuir éternellement la justice.

Par Samantha Ramsamy

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