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Angola : la chute du brut menace la paix

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Luanda, Angola. (@Wikipedia Commons.)

C’est une année qui commence très mal pour l’Angola. Alors que le pays est le deuxième plus gros producteur de pétrole d’Afrique, la chute des cours oblige le gouvernement à prendre des mesures qui risquent de provoquer une agitation sociale.

L’Angola est confrontée à son plus gros problème économique, sa dépendance à l’or noir. La chute continue des cours de pétrole depuis désormais plus d’un semestre est en train de mettre à mal les prévisions budgétaires pour l’année qui vient de débuter. La situation est d’autant plus compliquée que le pays tire une grande partie de ses revenus des hydrocarbures et qu’il est le deuxième plus gros producteur du continent. Face à la chute des revenus, le gouvernement a décidé de mettre en place une série de mesures considérées comme étant les prémices d’une austérité généralisée.

Plusieurs problèmes se posent pour l’Etat angolais, à commencer par le paiement des salaires des fonctionnaires. Le chef de l’Etat ne peut pas se permettre de provoquer le mécontentement et va être contraint de trouver l’argent qu’il va manquer dans son budget annuel. Pour récupérer des marges de manœuvre un certain nombre de dépenses vont être abandonnées et des projets qui avaient été promis à la population seront, quant à eux, remis à plus tard lorsque les finances le permettront à nouveau.

Le pays tire 70% de ses ressources du pétrole

Le problème majeure qui se pose aujourd’hui pour Luanda, c’est le manque d’anticipation lors de la conception du budget de fonctionnement pour l’année. Alors que 70% des recettes fiscales proviennent du pétrole, la chute des prix entraine logiquement un amoindrissement des rentrées d’argent. Le budget 2015, adopté à la fin de l’année a été basé sur un baril aux alentours de 80 dollars. On en est très loin aujourd’hui puisque le prix se situe autour des 50 dollars. Outre les difficultés financières le gouvernement et le président, José Eduardo Dos Santos, se retrouvent face à l’incapacité de mettre en œuvre le programme pour lequel ils ont été élus. Un peu plus de 10 ans après la fin de la guerre civile, cette absence de réformes sociales pourtant promises risque de provoquer des mécontentements.

Les inégalités dans le pays ne cessent de s’accroitre entre les très riches et les très pauvres. Avec près de la moitié de la population qui vit avec moins d’1,5 euros par jour la situation est explosive. Si certains se permettent de vivre dans le luxe et l’opulence, c’est très loin d’être le cas pour la majorité des Angolais et l’état catastrophique du système de santé, des infrastructures en général, ailleurs qu’à Luanda, risque à terme de poser de nombreux problèmes.

Alors que le pays a du subir le choc de la crise mondiale de 2008, la chute des cours du pétrole le frappe à nouveau de plein fouet. Cela tombe au plus mal pour les dirigeant qui craignent qu’un très vaste mouvement social s’organise. A deux ans de la présidentielle cela pourrait mettre le camp de chef de l’Etat dans une situation délicate.

La rédaction

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