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Air France-KLM: trafic de septembre en chute libre, grève chiffrée à 500 mio EUR

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La direction avait prévenu: la grève des pilotes d’Air France coûtera cher. Les chiffres d’Air France-KLM le confirment: chute de 15,9% du trafic en septembre, un résultat d’exploitation amputé de 320 à 350 millions d’euros au 3e trimestre et un impact de 500 millions sur l’excédent d’exploitation annuel.

En volume, les compagnies du groupe (Air France, KLM, Transavia et Hop!) ont transporté 5,7 millions de passagers, soit 16,3% de moins qu’en septembre 2013, a détaillé mercredi l’entreprise franco-néerlandaise, numéro 2 européenne derrière l’allemande Lufthansa. Le trafic de l’activité cargo, déjà en grande difficulté, s’est effondré de 17,7% malgré une réduction des capacités de 16,6%. Une majorité des pilotes de la compagnie Air France ont fait grève du 15 au 28 septembre pour s’opposer au projet de développement de la filiale à bas coûts Transavia France, clouant au sol un avion sur deux pendant quinze jours. La Bourse de Paris a immédiatement sanctionné le titre Air France-KLM, qui cédait 4,85% à 6,354 euros mercredi vers 09H45 (07H45 GMT). « Nous avons fait quelques économies (comme le kérosène) puisque des avions n’ont pas volé. A l’inverse, nous avons eu des surcoûts: hébergement des passagers, compensations aux voyageurs ou achat de billets sur des vols de nos concurrents pour recaser certains de nos passagers, billets que nous n’avons pas obtenus aux meilleurs tarifs », a commenté le directeur financier, Pierre-François Riolacci.

La perspective de réitérer la performance du deuxième trimestre s’éloigne: le groupe était parvenu à tripler son résultat d’exploitation à 238 millions. Et au troisième trimestre 2013, Air France-KLM avait dégagé un bénéfice d’exploitation de 634 millions. « Les comptes ne sont pas encore arrêtés. Nous avons encore besoin de quelques jours pour finaliser totalement notre estimation. Mais nous pensons que l’impact au troisième trimestre sera dans cette fourchette de 320 à 350 millions », a poursuivi M. Riolacci. Il note également un second impact « beaucoup plus difficile à évaluer, qui pèsera sur le quatrième trimestre voire sur le début de l’année 2015 », à savoir un taux de réservation beaucoup plus faible que d’habitude. Entre le début et la fin de la grève, le groupe a constaté un retard de 1 à 2 points dans les réservations « sans qu’il soit possible d’évaluer de manière précise la part de ce retard due à la grève et celle due à l’évolution défavorable de la demande observée au début de l’été et qui s’est confirmée depuis ». « Il faut être extrêmement prudent dans la prise en compte de ces chiffres », a prévenu M. Riolacci.

Au cours de la première quinzaine de septembre, la demande est restée « assez atone », le groupe étant toujours confronté à des capacités importantes sur le marché, a encore expliqué le directeur financier. En juillet, il avait fait état de surcapacités qui affectaient les revenus sur certaines lignes long-courriers d’Amérique du Nord et Asie. Au final, la grève combinée à une demande faible pourrait avoir un impact « de l’ordre de 500 millions d’euros sur l’Ebitda (excédent brut d’exploitation, NDLR) de l’exercice 2014 ». Le groupe tablait jusqu’alors sur un excédent compris entre 2,2 et 2,3 milliards. Cette prévision est ainsi ramenée entre 1,7 et 1,8 milliard. Interrogé sur l’impact sur les recettes des campagnes promotionnelles lancées depuis la fin de la grève, le dirigeant a souligné que la priorité était « de ramener les clients dans les avions ». Cette baisse des prix a été prise en compte dans l’estimation des 500 millions.

Avec un tel impact, l’objectif de ramener les comptes d’Air France dans le vert cette année ne sera pas atteint, reconnaît l’entreprise. En 2013, le groupe avait enregistré un bénéfice d’exploitation de 130 millions grâce aux bénéfices de KLM. La seule entité Air France avait accusé une perte d’exploitation de 174 millions. Le directeur financier a également prévenu que « cet impact se retrouvera pratiquement équivalent au niveau du résultat net ». En 2013, la perte nette du groupe s’élevait à 1,83 milliard. Par secteur d’activités en septembre, le trafic du long-courrier, le plus lucratif, a chuté de 15,5%; celui du court et moyen-courrier, déficitaire, de 17,5%. Le trafic de la filiale à bas coûts Transavia (France et Hollande) a lui bondi de 8,9% et ses capacités de 10,3%

(AWP)

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